En mémoire des joueurs et personnages de Zeffan Sleprevon, Norrin « Giant-Slayer », Brandon Fairfax, Melkria de Lainz-Keshamar, Tuff, Destroyer Olgo Thaerin, Inaï.
Ces îles s’insèrent dans un contexte géographique particulier qui est par ailleurs « historique » en termes d’aventure. Je crois bien qu’aucune région de Derenworld n’a été davantage travaillée, ne contient autant d’histoires connues ou inconnues des joueurs, que celle dans laquelle s’insère la carte ci-dessous.
L’une des plus anciennes campagnes de D&D que j’aie arbitrées, alors intitulée Wejlar et qui constituait le point d’orgue de la première génération de personnages, se déroula dans cette région. Celle-ci contient aussi des aventures comme White Plume Mountain, Castle Gund ou encore, à ses confins sud-orientaux, Dark Tower, toutes jouées à plusieurs reprises. D’autres modules de TSR (tels Tomb of Horrors, Descent into the Depths of the Earth) ou Judges’ Guild (tels Book of Treasure Maps, Skulls & Scrapfaggot Green) y ont été placés, outre de nombreux autres parus dans White Dwarf, Dragon Magazine, Dungeon Magazine. Les noms de Meindes, Todd, Barandor, Ravenspur, the Lone Abbey ou Belano sont parmi les premiers lieux ou personnes jamais entendus par les joueurs et avec eux les notions qui y sont associées. Ce sont bien soixante-dix ans d’histoire de Derenworld qui se sont écoulés dans cette région. Aussi m’a-t-il semblé qu’un petit aperçu de ce qu’est devenu ce contexte, certes parcellaire et limité à ce qui peut concerner les îles Lossloneis, s’imposait en souvenir de ces temps devenus lointains des premiers joueurs et aventuriers de Derenworld.
Les trois îles principales de la Lemmensea, au nord-ouest du Wejlar, sont regroupées sous le nom de Lossloneïs, qui signifie les îles des glaces en langue elfe. Elles ont pour singularité de n’avoir jamais hébergé d’elfes falinorë qui les ont découvertes tardivement, après les elfes locaux et même après les humains, et qui se sont alors contentés de les cartographier sommairement. Elles sont placées sous l’égide d’elfes des bois (aldaquendi).
Lossloneïs est une appellation générale plutôt que la désignation d’un archipel car les trois îles sont éloignées les unes des autres. Toutes les trois se situent dans la partie nord de la Lemmensea, vaste étendue maritime qui s’enfonce dans les terres en divisant le nord du Wejlar. Très riche en poissons, cétacés, crustacés, la Lemmensea représente une importante ressource halieutique pour les fiefs qui l’entourent : Todd, Barandor, Belano, Berentshire (généralement abrégé en Berents), Ravenspur.
Nord-ouest du Wejlar
En violet les zones (supposées) de campements orcs, en bordure rouge la limite des terres supposément contrôlées barbares humains, en bordure verte la limite du territoire revendiqué par les Lossquendi
Cette carte du nord-ouest du Wejlar étant centrée sur la Lemmensea, elle recoupe imparfaitement la région appelée Weswejle qui ne comprend pas les territoires d’Heffenorë, Ravenspur et Berentshire (Berents). La partie indiquée en vert sur la carte correspond (très) théoriquement aux terres agricoles sédentarisées.
Le nord du Wejlar est peuplé d’elfes aldaquendis très réticents à toute forme de communication avec tout autre peuple y compris les humains. Ceux de la Lemmensea s’appellent les Lossquendi : les elfes des neiges, qui se confondent avec elle.
Leurs cousins orientaux forment le royaume d’Heffenorë, dans la forêt d’Heffenor, dont le roi, Nirindo Tanyatar d’Heffenor, règne depuis plusieurs siècles. Il ne reconnaît aucune suzeraineté mais admet la préséance de la reine Alphanëa de Danth laquelle admet de rendre hommage au roi du Wejlar de sorte que par cette entremise, les Heffenorë sont considérés et se considèrent eux-mêmes comme wejlans. Toutefois la forte inimitié entre ces elfes et le roi Zeffan qui prétendait les soumettre afin de reconquérir le Berentshire a laissé des traces que l’actuel roi Rhunring a eu du mal à effacer.
Les Lossquedi, elfes de la Lemmensea, ne partagent pas ces conceptions. Ils éprouvent une véritable hantise des civilisations non elfes au point de s’être accoutumés à vivre dans les grands froids afin de les éviter.
Les Lossquendi se répartissent en trois « pays » : ceux de Berents, ceux de la forêt du Taurëquen (les plus nombreux, appelés Taurequenorë), et ceux des îles Lossloneis.
Le Dragonlore a fait comprendre à tous ces elfes qu’ils ne survivraient que grâce au développement de leurs dons magiques. Les Lossquendi avaient coutume de se confronter aux rudesses et dangers du climat nordique de leurs terres ; c’étaient des elfes combattants, qui savaient affronter leur environnement, se défendre contre le froid, la neige, les prédateurs, s’adapter à la rareté des forêts ou à l’infertilité de la terre. Ils apprirent à résister, à se cacher, à se battre, contrairement à bien des aldaquendis du monde qui périrent de n’avoir pas voulu déroger à leur mode de vie bienheureuse. La longue vie des elfes leur offrit le prendre le temps de former des mages particuliers, rares, mais durables 1.
La nécessité de coordonner leur défense rapprocha les familles lossquendies qui apprirent dès le Dragonlore qu’ils ne survivraient pas sans réaction rapide et cohérente. De là date l’institution du Lanyomen, sorte de conseil réunissant une fois par an des représentants de toutes les familles afin de discuter d’affaires communes, sans pouvoir exercer de contrainte. Le Lanyomen peut cependant nommer jusqu’à trois « Lorecanis », délégués plénipotentiaires chargés d’exécuter pour un an des missions militaires ou d’enquêter sur un sujet particulier, mais le fait rarement.
De tous temps les Lossquendi ont revendiqué le territoire marin du nord de la Lemmensea et terrestre de ses côtes. Cette revendication est officiellement satisfaite par le roi Olan II lors du Deuxième Traité d’Heffenorë 2, en 2535. En contrepartie, les humains ont l’entier droit de pêche sur la moitié sud de la Lemmensea et un droit de passage (et de passage seulement) dans la moitié nord de la mer. Ce droit de passage est toutefois limité aux navires ayant un des ports de la Lemmensea pour attache et Ravensburgh ou l’Icewind Sea pour destination, la navigation en territoire lossquendi devant s’effectuer le long de la côte orientale. Aucun navire non elfe n’a le droit d’approcher les îles Lossloneïs.
Ce traité ne sera pas toujours parfaitement respecté par les humains.
Les ports wejlans suivants sont susceptibles d’atteindre les Lossloneïs (pour les fiefs, se reporter à l’étude du Wejlar, 3 partie).
Ravensburgh (Ravenspur)
Le plus grand port de pêche de la région, avec Blackhaven. C’est le centre de la maison de Ravenspur, détestée des elfes et réciproquement. Ravenspur cherche en effet depuis des siècles à agrandir son territoire vers l’est, en s’implantant dans les Stonewhales (cf. infra, au sujet de l’île de Borso). Or bien que ces hauteurs ne soient des terres des elfes ces derniers estiment indispensable à leur sécurité qu’elles demeurent sauvages et en tout cas indépendantes de tout contrôle par une entité politique tierce.
D’autre part, les navires de Ravensburgh ne peuvent accéder à la poissonneuse Lemmensea qu’en passant par le territoire des Lossquendi, lesquels exploitent très peu ses ressources halieutiques, s’estimant gardiens d’une abondance dont les humains ne profitent pas.
Ravensburgh est devenue avec le temps et les nombreuses attaques qu’elle a subies venues de terre, mer ou air, une ville-forteresse fière de ses hautes murailles grises qu’elle prétend aussi bien entretenues que celles de Portown. Kurt Abarxon, capitaine du port, surveille une très importante flotte de plus de cent navires de toute taille et capables de toutes sortes de pêche qui alimentent les énormes fumoirs et saloirs de la ville. La défense de la ville est placée sous le commandement du Chevalier Maréchal Taërléon Fjödoberg, descendant d’une branche bâtarde de l’arrière-grand père de l’actuel baron. La famille de Ravenspur possède directement ou indirectement le quart des commerces de la ville. La mage Spletrana Morghin de la Zelligar’s School est en pleine ascension politique et a l’écoute du Baron mais sa rivale demi-elfe Espara Daggeriath de la Herminian School n’a pas dit son dernier mot.
Temples importants de Poséido, Nephtys & Isis, Frigga, et aussi de Votishal, Thor, Hadès.
Les visiteurs sont relativement rares dans ce port qui n’a pas la réputation d’être accueillant. Aussi le sieur nain Haxaraïm décida-t-il de réaliser un hôtel fortifié, comprenant écuries, maison forte, jardin et réfectoire, à destination de tous voyageurs, depuis les négociants de poisson jusqu’aux bardes en passant par l’explorateur aventurier ou le représentant de commerce. Son descendant Mirabarim tient toujours le Axe & Hammer Lodge dont la réputation de confort n’est plus à faire mais dont la cuisine reste plutôt quelconque. Un portrait au dessus de la cheminée de la grand-salle rend hommage au fameux nain Efton Whelmholder qui y aurait séjourné au retour de l’expédition où il trouva son fabuleux marteau.
Les tavernes réputées sont le Sparkling Bones, décoré de cages thoraciques de grands cétacés qui luisent durant la nuit, et le Sapphire Goblet, étrange objet magique de métal noir serti de saphirs qui fut découvert lors d’une expédition de la compagnie des Cinq Gemmes dont faisait partie le mage Ardoun Schruvel fondateur de cet établissement.
Hoemston (Ravenspur)
Simple village de pêcheurs devenu un repaire de pirates avec la bienveillance des barons de Ravenspur. L’actuel baron Clamorgan de Ravenspur se retrouve ainsi tributaire de la politique de ses aieux alors qu’il préférerait transformer le village en base de départ vers les Stonewhales où l’on a récemment découvert des métaux rares (cuivre, titane, nickel) ainsi que des quartz et des zircons.
Le quartier général des pirates est la taverne-auberge The Cutlass où se réunissent leurs plus fameux capitaines : Arundel « Red » Thunderfist capable d’assommer quiconque d’un seul coup de poing, Onarson Jelabund Double-Lames, redoutable bretteur dont la dextérité est célèbre, Inthir et Inthor Blackfeather, jumeaux qui sont sans doute les meilleurs navigateurs de la région et le célèbre Haruld Moonfarth dit the Reaper qui n’a pas son pareil pour les embuscades en mer. Plusieurs font affaire avec Hus Otosk, Wizard de Darkania installé dans sa tour à une lieue du village, qu’on dit être le véritable maître de Hömston.
Importante chapelle de Poséido, chapelles d’Hermès, de Frigga, de Hadès autels dédiés à Hecate, Loki, Arioch, Hel.
Salvester (Todd).
Village fortifié (palissades) de 600 habitants, relevant du fief Todd qui y tient beaucoup. Le port dispose de 15 navires de pêche bien équipés et en bon état et de deux en réparation. Il est entouré de falaises dotées de tours de guet, de ballistes et de catapultes.
Un chevalier Banneret des Todd, Sir Kludd Gonshor commande le tout avec compétence et dévouement. Kludd possède une épée de feu qui l’identifie aisément et qui aurait été donnée à son aïeul par le guerrier Antirias Fairfax. Il cherche une bonne entente avec les elfes.
Temple de Tyr & Thor, chapelles d’Heimdall et de Poséido, autels de Silvanus, Freyya, Seker.
Ukkonea (Abbeysward).
Village puissamment fortifié (murailles de pierre) autour d’une église d’Ukko. Sa population est d’environ 350 habitants hors garnison et prêtres. Il fait partie de la marche d’Abbeysward, elle-même placée sous l’égide de la fameuse Lone Abbey ou chevaliers, paladins et autres guerriers du nord sont formés depuis des siècles. Le Warden de cette marche est actuellement le Haut Prêtre Orbal, servant de Heimdall, célèbre aventurier.
Le village possède une flottille d’une dizaine de bateaux de pêche qui respecte parfaitement le Deuxième Traité d’Heffenorë et reste toujours proche de la côte. Il n’y a pas d’auberge mais deux tavernes-restaurants, fort tranquilles et bien tenues, spécialisées dans le poisson.
Hormis l’église d’Ukko, Ukkonia possède des chapelles d’à peu près tous les dieux alignés « good » dont les plus importantes sont de Tyr, d’Heimdall et de Seker. Il est possible d’y demander l’hospitalité ou encore de loger dans les fortifications ou chez l’habitant. L’archimage Kennan de Beler y séjourna longtemps incognito.
Cleath (Barandor)
Le village est situé à un emplacement idéal à l’embouchure de la Quelzoun et au coeur d’une profonde baie.
Il a été mis à sac au siècle dernier par l’illithid Xuespera qui y régna dans le but supposé d’y établir une base secrète des Lich Kings. Il remarquable que ce soient les orcs Dushayduk et Pregnajax aliés aux humains qui l’aient affrontée et chassée. Ils ont obtenu de l’évacuer en échange des territoires le long de la rivière Gionetta, concédés par le jeune duc Glendoran VI, alors mineur, au grand dam des Meindes et de l’Abbeysward.
Depuis lors, Cleath est au cœur du passage terrestre entre l’ouest (Abbeysward, Meindes, Todd…) et le reste du Wejlar. C’est aussi le port de pêche le mieux placé car le moins sujet aux glaces. Mais le duc de Barandor a concédé des droits de pêche et d’escale communs à Moorhold, Dwinsburg et Cleath, s’assurant ainsi l’amitié du duc Belano.
Cleath n’est pas fortifié et ne compte que 500 habitants mais le village serait en pleine expansion y compris agricole avec l’arrivée de hobbits autour de la Quelzoun. Il est généralement très animé, avec beaucoup de voyageurs de passage.
L’auberge du Black Bear est sans intérêt particulier mais ses chambres sont confortables, garnies de fourrures et bien chauffées.
La taverne du Singing Orc est réputée être hantée par une jolie femme, vêtue de façon légère et exotique, qui attirerait l’amant de son choix et d’un soir dans l’une des caves de l’établissement et le récompenserait selon ses prouesses sexuelles. C’est aussi le carrefour de toutes les rumeurs colportées par les pêcheurs ou les marchands. Les bagarres n’y sont pas rares. Le tenancier est Chalver Shtarl, demi-orc jovial et avenant, qui est également souteneur de plusieurs prostituées locales.
Teclyr’s Emporium est l’un des meilleurs lieux d’échanges d’objets exotiques et même magiques de la région. Teclyr (Gus Teclyr) se vante d’avoir personnellement connu le ranger Baladar Lolthslayer au retour de son expédition victorieuse contre la déesse-araignée des drows, ce qui paraît très improbable vu qu’il paraît au plus âgé de plus de 40-45 ans.
The Duskdancer est un bal-buvette situé à côté du marché, où passent de nombreux bardes ; l’établissement les héberge gratuitement, ce qui en fait une sorte de maison des bardes. Le propriétaire et tenancier est le nain Loltimir, fils d’un compagnon de l’aventurier Norrin alors futur duc de Maelne, qui est à la fois mélomane et passionné d’histoires. La copie d’un portrait de Norrin est accrochée dans le dortoir des bardes. C’est dans ce lieu que le barde Turas Drumbar aurait composé pour Loltimir son lai des frères Fairfax au cours de l’été 5220, long poème chanté qui connaît un important succès et est régulièrement représenté au Duskdancer. Durant l’hiver l’établissement alterne entre des soirées musicales et dansantes et des représentations : parmi les pièces que Loltimir fait souvent jouer il y a le Sauveur de la Reine, lai à la gloire de l’actuel duc de Ganarbe, la légende du roi Zeffan, les Epiques Stances d’Olan le Fondateur, le Conte du Lolthslayer, le Mélodrame de la Sylphe Amoureuse ou encore l’Epopée du Mangeur d’or qui narre l’histoire du roi nain Destroyer Olgo Thaerin. Le spectacle le plus réussi part en tournée dans les châteaux alentours ou des villes importantes telles que Blackrum ou Lastbridge.
Cleath est administrée par l’Intendante Zadria Eyerik pour le duc de Glendoran VI de Barandor, et par son maire, Grini Sarkensen qui est connu pour sa méfiance envers à peu près tout.
Chapelles de Balder, Hermès, Oghma, Gond, Dyonisos, Silvanus et Poséido.
Dwinsburg (Belanoer)
Gros bourg d’environ 1000 habitants non fortifié situé à l’embouchure de la Mornvine. Il est le chef lieu d’un territoire important des Belano, en aval de leur castel.
Les Belano furent des plus grands serviteurs de la Couronne de Wejlar et leur immense duché est l’un des enjeux majeurs d’un renouveau du pays. Ce rétablissement passe par la reconstruction de son épicentre : Castle Naerphar, dans le Naervale (vallée moyenne de la Mornvine), dont la décoration intérieure fut magnifique. A ce jour, seule la moitié sud du fief est revenue à la civilisation.
Le village est administré pour le duc par la Baillie Vandera Skrindar, le territoire et sa défense par le chevalier Banneret demi-orc Scomber Artudzur. Il héberge une population de vrais bosseurs : artisans, travailleurs, paysans, négociants ayant l’ambition d’en faire la ville importante qui manque à la région et de redonner au fief du Belanoer toute sa grandeur et sa richesse.
La pêche y est devenue relativement accessoire car l’agriculture s’est développée le long du fleuve. Son marché est le mieux achalandé des ports de la Lemmensea.
Temples de Straasha, Râ & Seker, Nephtys, chapelles d’Hermes, de Tyr & Diancecht, autels de Freyya, Gond, Silvanus.
Moorhold (Belanoer)
Bourg de 800 habitants sédentaires, fortifié de palissades, qui reçoit les mineurs qui vont dans les Gaunthills au nord-est chercher de l’or ou de l’argent et surtout les bûcherons du Sûl’Taur (dit aussi Sulwood) à l’est, qui opèrent malgré la présence de nombreux orcs. Il s’agit d’une des localités les plus animées de la région, surtout par rapport à sa taille.
Le port contient 20 navires de pêche ou de transport dont deux gros cogues armés et capables de faire la liaison avec Ravenspur.
Le bourg est gouverné par un triumvirat de familles de seigneurs-marchands : les Shearson, Imbar et Sordaken, tous vassaux du duc Soôl Belano. Ils demeurent dans trois maisons-fortes qui servent également d’entrepôts. Il n’y a pas d’auberge mais des maisons d’hôtes privées dont une est entretenue par la ville. Celle-ci est bon marché mais spartiate et les clients sont surveillés.
La taverne la plus animée est la Singing Manticore, la plus sauvage est le Drunken Boar. Deux bons restaurants : le Captain’s Supper près des quais et le Green Grove au centre du village.
Temples d’Hermès, de Hadès, chapelles de Silvanus, Poséido, Thor, autels de Gond et Kakatal.
Barbares
Le nord-est du Berents est peuplé de barbares humains composés de deux tribus :
– les Wejliks issus de la tribu des wejles originels, qui résistèrent à la civilisation humaine sédentaire de l’ancien Wejlar;
– les Berents’Ilks qui sont les survivants, réfugiés, ou anciens esclaves du fief de Berentshire.
Les deux tribus n’ont pas d’établissement stable : les familles regroupées en clans vont d’une terre de chasse ou de pêche à l’autre avec leurs troupeaux, principalement de bovins. Les deux tribus ne s’entendent guère l’une avec l’autre, principalement à cause de revendications sur des territoires de chasse ou céréaliers.
Toutefois, sans être alliés des elfes Heffenorë ou Lossquendi, ils font de facto face aux mêmes dangers : humains et elfes des bois coexistent donc dans une sorte d’entente réciproquement respectueuse. Ainsi, les barbares humains ne pêchent qu’en Icewind Sea et non en Lemmensea afin de respecter les Lossquendi. Ces pêcheurs utilisent de petites embarcations qu’ils cachent durant l’hiver lorsque l’Icewind Sea est gelée.
L’été, ils se retrouvent autour d’un territoire céréalier collectif semé l’année précédente pour moissonner et confectionner des provisions annuelles de fourrage et de farine, l’un et l’autre issus de glumrye 3. Ce territoire cultivé est ensuite laissé en jachère pour trois ans. Comme tous les peuples du grand nord, ils maîtrisent bien la conservation par congélation en silos notamment souterrains.
Bien que la région soit en plein territoire krynn, elle abrite peu de nains sous terre au-delà des fiefs de Barandor et de Belanoer. Cela s’explique par le fait que les communications avec le cœur du Krynnlan, situé loin au sud-est, sont rendues difficiles par la présence de la mer, de plusieurs failles volcaniques, et par des plissements mal orientés qui entraînent une absence de grandes voies naturelles de l’Underdark vers le sud-est. C’est pourquoi le nord-ouest souterrain a plutôt été peuplé de gnomes que de nains, et surtout d’evils.
Les hobbits ne sont pas rares. Ils étaient nombreux avant les grands invasions subies par le Wejlar qui ont réduit leur population des deux tiers dont la moitié par émigration vers le sud. Ces hobbits sont à l’instar de ceux de l’Ithylian, du Maelner et du Miribar fameux pour être parmi les meilleurs agriculteurs (et brasseurs) du monde. Ceux qui demeurent sont principalement situés dans les fiefs Meindes et Todd. Ils sont spécialisés dans les cultures céréalières, maraîchères, l’élevage porcin, la fromagerie, la bière.
La région comporte plusieurs monstres ou animaux mieux adaptés au froid que les humains ou les elfes mais leur nombre relativement réduit les empêche de constituer une menace importante ou durable.
L’Underdark y est important et dangereusement peuplé (cf. nains, supra) sous la suprématie quasi-incontestée des drows. Les drows locaux l’appellent d’ailleurs « notre grand territoire souterrain » (Eüln’Nugarn).
Les humanoïdes sont présents dans le grand nord au moins depuis le Dragonlore. Les terres sont souvent pauvres et les humains ont accaparé les meilleures. Il reste donc aux orcs, goblinoïdes, kobolds la chasse et la pêche ainsi que la cueillette mais leurs rendements ne suffisent pas à nourrir l’ensemble d’un clan orc ou autre qui dépasserait la demi-douzaine de familles. Les plus organisés ont recours à des fermes porcines qui supposent une agriculture, généralement de racines ou de tubercules, complémentaire des cueillettes (noix, châtaignes, glands…) afin de nourrir les bêtes, ce qui implique une certaine sédentarisation.
Les forêts sont ainsi particulièrement convoitées car elles représentent un environnement plus giboyeux que le reste et fournissent le bois nécessaire à la construction et au chauffage des fermes. Bien qu’il existe beaucoup de collines ou vallées boisées, ce sont les grandes forêts profondes qui apportent les meilleures ressources. Ces forêts étant le plus souvent peuplées d’elfes, le conflit est donc inévitable.
Le nord du Wejlar a d’autre part été très éprouvé par Hornst et surtout par les Seconds Héritiers et leurs suiveurs. Ces invasions ont installé une importante population d’humanoïdes qui perdure depuis lors et qui triomphera au cours de la Great Evil Coalition. Elles alors ont fortement réduit et parfois même détruit les grands fiefs humains. La région a également subi l’infestation de puissants sorciers maléfiques tels le terrible Ibzol le Regardeur qui fut compagnon d’Hornst, Vraxer et surtout Iniard Vraxeri, ou encore le très notoire Keraptis alors accompagné de la dracoliche Dragotha. Plus tard, les drows jouèrent un rôle décisif dans les succès de la Great Evil Coalition dans la région en collaboration avec les humanoïdes.
Evoquer les humanoïdes implique de citer les Dushayduks qui forment le plus célèbre clan des orcs du nord. Leurs rapines sont innombrables et ils comptent certains exploits célèbres, notamment contre les elfes aldaquendi.
Leurs deux chefs légendaires sont Klam’zl Dordoygn dit le Rôtisseur, qui avait pour coutume de griller vivants ses ennemis à la broche tournante avant de les dévorer, et surtout son mentor Paklubish Razztûu dit le Contrariant, fondateur de la gloire des Dushayduk.
Extraordinairement versé dans les arts magiques et alchimiques qu’il étudia à la forteresse de Sylax, Paklubish possédait également un Phylactère de Longévité qui est désormais implanté dans le Dunsh’unswat, pectoral désignant le chef du clan. Il fut lieutenant du Second Héritier Vraxer avant de devenir son ami. Paklubish est le maître d’œuvre avec les géants du froid d’une opération qui aboutira à la prise et au pillage de Wejlara, ancienne capitale de Wejlar, sous l’égide de Vraxer. Il est aussi l’inventeur de la technique du wand à négation qui bloque l’utilisation de la magie en combat au grand dam des elfes et qui lui valut son surnom du Contrariant. Il combattit victorieusement les chevaliers de Kalderland, les elfes d’Heffenorë, et même l’ost royal de Wejlar. Il ne fut jamais capturé et mourut de vieillesse en 4743 entre les bras de ses descendants à l’âge canonique et très anormal pour un orc de 202 ans. Il voulut être incinéré et n’avoir pas de sépulture.
Klam’zl Dordogn s’illustrera quant à lui au cours de la Great Evil Coalition en s’emparant des terres des Lossquendi orientaux dans le pays de Berents. Selon la légende des Dushayduk, il aurait à cette occasion dévoré plus de cent elfes à lui seul. C’est le premier des Dushayduks à avoir pris pied sur le versant occidental de la Lemmensea et à avoir pillé les fiefs de Belano, Barandor, Todd et de Ravenspur dans une sorte de « grand chelem » jamais reproduit depuis. Il infligea aux elfes du Taurëquen des pertes terribles, dont ils se souviennent avec désolation. Il meurt de maladie, peut-être d’empoisonnement, en 5048, âgé de 98 ans. Son mausolée funéraire dans le Berents est un lieu de pèlerinage orc qu’on dit protégé par le dieu Baghtru en personne.
Les Dushayduk sont relativement peu nombreux parmi les orcs du grand nord, au sein desquels ils constituent une sorte d’élite. Les quatre autres clans orcs du nord du Wejlar (Kastizimul, Pregnajax, Kaliuk, K’norresh ) reconnaissent leur supériorité militaire et même culturelle. Les familles dushayduks doivent procréer au moins trois enfants et au plus cinq, avec idéalement deux de chaque sexe. Le sixième sera élevé jusqu’à ses 12 ans après quoi il sera remis à un autre clan s’il le désire et qu’il est accepté, ou devra sinon vaincre un aîné de sa fratrie dans un combat à mort.
A vingt kilomètres au nord de Naerphar, la vallée du Mornvine devient le pire wilderland de la région, au point qu’on y préférerait la présence des orcs.
La vieille hag Unpunta occupe les ruines de l’ancienne forteresse de Caër Darune qui contrôlait la haute vallée de la Mordvine, d’où elle dirige le Concile des Daruns’Hags, assistée d’une tribu de trolls sous son charme. Elle est alliée avec une tribu de géants du froid qui se sont emparés des ruines de Tuarn’s Tower, château surveillant le sud des Gaunthills. Ces géants esclavagisent ou s’alimentent de toutes autres créatures que les hags et leurs alliés ; ils sont détestés à peu près autant par les elfes que par les orcs, gobelins, gnolls et bien sûr par les humains.

L’île étincelante est le plus petit des trois pays des Lossquendi. L’île serait appelée ainsi à cause des glaces et neiges qui la recouvrent six mois par an.
C’est la plus méridionale et la plus grande des trois îles formant les Lossloneïs ; elle est aussi la plus peuplée. Elle s’étend sur environ vingt-cinq kilomètres d’est en ouest et jusqu’à dix du nord au sud, formant une véritable petite province au milieu de la Lemmensea. Elle trône au centre de cette mer et sa vue avertit d’éventuels navigateurs arrivant du sud qu’ils se sont fourvoyés.
Ce sont les plus xénophobes des Lossquendi qui ont choisi l’isolement de Dol Faïn afin de mieux rester hors de portée du reste du monde. On sait donc fort peu de choses les concernant d’autant que leurs plus proches voisins elfes sont eux-mêmes fort peu accueillants. Ils ont la réputation d’être tous des mages spécialisés dans les domaines de la chasse ou la pêche et de la défense de leur territoire.
L’Université Ducale estime leur nombre à environ 500 à 700 individus. Ils habitent dans des forêts de conifères et de bouleaux. Ils vivent de la pêche, de la chasse, de la cueillette de légumes et de fruits durant l’été et de la récolte d’un blé spécialement résistant au froid, avec lequel ils confectionnent un lembas particulièrement calorique.
D’autre part, l’île ne manque pas de ressources : elle abonde en élans, lièvres, renards des neiges et est entourée d’eaux très poissonneuses fréquentées par de grands cétacés.
Une particularité des Lossquendi de Tol Faïn, qu’on retrouve chez ceux de Berents et d’autres aldaquendis mais qui les différencie fondamentalement des Heffenori et même des Taurëquenorë, vient de ce que leur organisation sociale refuse toute forme de centralisation. Il n’y a donc pas de gouvernement, de roi, ni même de conseil permanent ou occasionnel de l’ile. Le noyau social y est la famille ou l’individu ou le couple. Seul les avis du Lanyomen appuyés par un Lorecani sont acceptés sur l’île et uniquement à propos de sécurité ou de défense.
Les Lossquendi de Dol Faïn utilisent des navires de pêche très anciens, de petite ou moyenne taille (aucun de plus de 12 mètres), qu’ils mettent très longtemps à construire. Ces navires sont particulièrement rapides et robustes car leur coque est renforcée d’un treillis en métal secret inoxydable, peut-être du mithril, qui les rend capables de supporter le choc avec un iceberg. Ils sont gréés de voiles triangulaires qui leur permettent de facilement remonter au vent.
Ces elfes prennent très au sérieux leur rôle de gardiens du traité sur la Lemmensea et n’hésitent pas à recourir à la magie pour le faire respecter, disposant à cet effet de nombreux mages. Ils sont également très économes de la pêche, malgré la profusion des ressources, ce qui irrite et excite la jalousie des bien des marins du sud de la Lemmensea.
En hiver la Lemmensea septentrionale gèle et se recouvre parfois d’une banquise. Pendant cette période, les Lossquendi de Dol Faïn ne peuvent la traverser. Le reste du temps, ils “commercent” au sens que peut prendre ce mot pour des elfes des bois essentiellement avec les autres Lossquendi.
L’île a environ la moitié de la superficie de Dol Faïn. Elle possède en son centre un lac, le Nenendë, alimenté par les eaux pluviales. De hautes falaises à l’est et l’ouest abritent des colonies d’oiseaux marins.
Elle est très sauvage. On y rencontre beaucoup de rongeurs, d’ours polaires et d’élans, des colonies de crevettes, langoustes, crabes et de homards. On pourrait également l’appeler l’île aux phoques tant ces derniers y abondent.
On y trouve des arbustes et quelques bois de conifères, de saules ou de frênes, ainsi que d’innombrables sortes de mousses, lichens, herbes, plus rarement des buissons de mûriers sauvages ; cependant, une grande partie de son sol consiste en une toundra peu fertile qui décourage l’agriculture.
Elle est partiellement habitée ou visitée, uniquement durant l’été, par des Lossquendi venus du Taurëquen ou de Dol Faïn. La particularité de Mitloe vient de ses deux constructions.
Au bord du Nenendë, encadré par deux frênes, se trouve l’Harmaond, un très ancien autel en plein air, qui est consacré à Freyya, Straasha et Frigga. Personne ne sait qui l’a édifié ; la légende voudrait que ce soit l’avatar Gebor de Straasha qui aurait ainsi garanti la présence d’eau douce aux animaux de l’île.
Cet autel a en effet la particularité d’assurer que le lac ne se vide jamais mais aussi celle d’assurer la pérennité de l’amour de ceux qui s’épousent devant lui. Aussi les elfes y viennent-ils parfois de loin, pour prononcer leurs vœux de mariage.
A proximité de l’autel, les Lossquendi ont édifié le Neldorthon, un ensemble de trois tétraèdres en pierre destinés à servir de refuge ou d’abri aux visiteurs. Chacun est destiné à héberger un ou plusieurs serviteurs d’un des trois dieux tutélaires de l’Harmaond.
Au début d’une péninsule située vers le sud-est de l’île se trouve une crevasse qui comporte un escalier plongeant vers la pénombre. Elle est assez difficile à repérer car dissimulée sous des buissons d’herbes.
L’escalier mène au fond de la crevasse jusqu’à une porte en pierre qui ouvre sur une sorte d’appartement souterrain secret et caché, d’une dizaine de pièces, protégé contre toute forme d’intrusion y compris magique sauf par le portail magique central qui se trouve en son centre. Ce complexe a été originellement creusé par les elfes pendant le Dragonlore afin de servir d’abri secret. Il est devenu ensuite l’un des très rares et secrets Quildeülië, refuges de ces elfes noirs appelés Tinmori. On sait qu’il existe au moins deux autres Quildeülië en Arkandahr et en Tangut.
Mitloe est en effet peuplée durant l’hiver par des elfes noirs mais pas n’importe lesquels : les Tinmori (« les sombres silencieux ») qui sont des drows « renégats » au sens où la vie souterraine leur disconvient. Ces elfes profitent ainsi des longues nuits de l’hiver nordique pour mener une existence « normale » sur l’île, sous les étoiles et la lune. Ils sont extrêmement peu nombreux et, évidemment, discrets. La plupart dont masculins et beaucoup d’entre eux ne sont pas « evil » car tous récusent le culte de Lolth, lui préférant celui d’Eilistrae, Vhaeraun ou même Vandria.
Le fondement des Tinmori consiste autant dans l’inconfort qu’ils trouvent à l’Underdark que dans le rejet d’un culte « obligatoire » qui heurte leur nature chaotique. En découvrant que les elfes de la surface jouissaient de la liberté d’adopter la religion de leur choix, y compris non-elfique, les premiers Tinmori ont décidé de former leur société secrète, probablement vers le XXXVIe siècle. Par la suite, ils ont entrepris de construire des Quildeülië dans des endroits reculés ou difficilement accessibles du monde afin d’y mener une existence en partie terrestre. Pour eux, la sauvage et lointaine Mitloe représente une sorte de paradis de pureté originelle qu’ils veulent respecter et conserver ainsi.
Les Tinmori de Mitloe entretiennent des relations stables et régulières avec les Lossquendi et épisodiques avec les Heffenori. Il y a quelque paradoxe à ce que le roi Nirindo Tanyatar d’Heffenor soit ainsi réputé pour être l’une des personnes les mieux renseignées du monde sur ce qui se passe en Underdark.
Il ne faudrait cependant surtout pas prendre les Tinmori pour de « gentils agents du bien dans l’Underdark » ; ils restent au contraire des drows qui veulent retrouver la surface, quitte à la conquérir. Ils furent par conséquent parmi les plus fervents soutiens de la Great Evil Coalition.
La plus petite et la plus septentrionale des Lossloneïs est aussi la plus convoitée et la plus disputée. Il n’est pas rare d’entendre à son sujet qu’on l’aurait bien appelée l’île sanglante mais le nom est déjà pris. Elle dépend des Lossquendi du Taurequen (Taurequenorë) qui la considèrent comme partie intégrante de leur territoire.
Borso est une île d’origine volcanique et cette origine se manifeste par une activité souterraine et sous-marine continue. Elle est fréquemment entourée de brumes et la température d’une partie de ses eaux territoriales reste positive y compris durant l’hiver. Son volcan culmine à environ trois cent mètres. Ses éruptions sont fréquentes mais celles d’ampleur sont en revanche très rares.
Les laves s’écoulent sur les côtes occidentales ou méridionales qu’elles ont hérissées de rochers acérés qui interdisent toute navigation. Mais la façade orientale offre une baie propice à l’accueil des navires. La chaleur sous-marine y attire des foules de poissons, coquillages et crustacés et des algues dont certaines sont comestibles.
Grâce à ce port naturel et par sa position géographique, l’île commande de facto l’accès à la Lemmensea et même à l’Icewind Sea, en même temps qu’elle propose une base idéale pour les navires de pêche lointaine, notamment baleiniers. D’autre part, si l’île est désertique, elle possède grâce à sa forte pluviosité plusieurs étangs d’eau douce. Borso représente donc à la fois la clef maritime de l’extrême nord-ouest du continent et une ressource halieutique d’intérêt majeur.
C’est pourquoi l’île a toujours fait l’objet des convoitises de pêcheurs ou de navigateurs humains venus du Wejlar, du Beliand, et même de la Great Anarchy, contre lesquelles les elfes du Taurëquen la défendent.
Jusqu’en 4645, la baronnie de Ravenspur bénéficiait d’un accord avec les elfes dérogatoire au Traité d’Heffenorë. Cet accord autorisait douze navires de Ravensburgh à chacun une semaine de pêche par an avec Borso pour base. Il présentait le double avantage de garantir à Ravenspur l’accès une ressource importante avec un monopole face aux autres fiefs du Wejlar au grand mécontentement des Todd, Belano et Barandor, et de fournir aux elfes un allié contre d’autres envahisseurs, notamment orcs ou belianders. Cet accord prit fin avec trahison du baron Odron de Ravenspur, qui voulut s’approprier les terres du Stonewhale et avec elles l’île de Borso.
Les monts Stonewhale hébergent ce que les elfes du Taurëquen appellent les Nammaros : une famille de ces gigantesques volatiles appelé rocs que les aldaquendi locaux ont semi-domestiqué depuis des millénaires. Les Nammaros sont des rocs habitués à la prédation marine avec pour cible idéale les grands cétacés. Depuis des millénaires, les elfes du Taurëquen se sont spécialisés dans la communication et la monte de ces immenses créatures devenues leurs amies.
Selon la tradition elfique, ces rocs furent la monte favorite du dieu des airs Ukko. Après le départ des dieux et l’éveil des elfes, les premiers Taurequenorës virent de temps en temps ces immenses oiseaux partir ou revenir de leur chasse en mer. Le nom des Stonewhale vient d’ailleurs de la découverte des restes des carcasses de baleines que les rocs avaient prises.
Lors de l’apparition des dragons chromatiques, les elfes songèrent à ces immenses volatiles pour les aider à s’en défaire : en effet, les plus grands rocs font plus de quatre fois la taille d’un dragon adulte. Ils prièrent Corellon Larethian d’intercéder auprès d’Ukko afin qu’il consente à ce que ses favoris puissent leur venir en aide. Le dieu des airs accepta volontiers, allant même jusqu’à expliquer aux elfes comment se faire comprendre des rocs. Les Taurequenorë commencèrent aussitôt à s’entraîner à monter les rocs et à expérimenter des tactiques aériennes capable de mettre en échec les dragons. Etre accepté par un de ces rocs donne droit au prestigieux titre de Rocwen.
Par la suite, les Nammaros veillèrent sur le Taurequen et les Lossloneis où les incursions draconiques devinrent de plus en plus rares puis inexistantes.
Or en 4645, soit en pleine All Wizards War, Othon de Ravenspur croit malin de prendre la roue des sorciers-guerriers qui ont commencé de ravager le monde en s’imaginant devenir prince souverain afin de nourrir ses rêves de conquête du Beliand ou de suprématie sur le Wejlar occidental. Il reçoit le Second Héritier Vraxer qui le convainc aisément d’occuper les Stonewhales et d’en finir avec les Nammaros. Pendant ce temps, Paklubish des Dushayduks prendra les elfes à revers avec l’aide de géants des collines Nokorns. Vraxer mènera en personne le raid contre les rocs.
Mais rien ne se passe comme prévu. Le duc Thelsfred Meindes est informé du projet grâce aux espions qu’il entretient à Ravensburgh. Leurs renseignements sont confirmés par des rapports fournis par les Snowsnakes, rangers du grand nord formés à Lone Abbey, qui mentionnent des mouvements suspects chez les orcs. Thelsfred Meindes envoie alors son propre fils Thrude Meindes accompagné du Snowsnake demi-elfe Alderond Biath en bateau traverser les Lossloneis. Ils se font comme prévu capturer par les elfes de Tol Faïn qu’ils alertent du danger menaçant ceux du Taurëquen. Les Lossquendi réagissent aussitôt : ils se souviennent du Dragonlore et du prix des lenteurs elfique du passé face à une guerre ouverte.
Les rocwens font quitter leurs nids aux Nammaros pendant que les Lossquendi se planquent dans leur forêt en attendant d’y tailler en pièces les orcs. Alors que Vraxer parcoure en vain les montagnes à la recherche des Nammaros ceux-ci, guidés par les rocwens, mettent en déroute l’armée de Ravenspur. Vraxer aura juste le temps de voler au secours des orcs afin d’éviter leur extermination par les Lossquendi. Quant à Othon de Ravenspur, il est attrapé par un roc qui lui offre un court et terminal baptême de l’air.
Dasn l’espoir de poursuivre leur alliance avec Vraxer, les orcs et leurs alliés géants des collines édifient dans un vallon des Nokorns la tour fortifiée de Miniardas qu’ils offrent au Second Héritier avec l’espoir qu’il s’y établisse. Toutefois ce dernier n’y viendra guère, préférant la confier à son puîné Iniard Vraxeri, qui mènera pour son propre compte la All Wizards’ War dans la région avec Keraptis pour appui ou parfois rival. Il est réputé s’être transformé en liche puis en demi-lich à Miniardas. La légende d’Iniard Vraxeri et les richesses qu’il aurait accumulé dans sa tour ont attiré de nombreux aventuriers. De semblables légendes affirment aussi qu’il n’a jamais été détruit et qu’il fut agent des Lich-Kings dans le Wejlar.
Une autre légende affirme que Vraxer aurait déposé son clone à Miniardas sous la garde de son fils qui l’aurait activé par mégarde ou volontairement ; ce clone aurait ensuite mené sa propre existence sous le nom d’Acererak après avoir véritablement tué Vraxer.
Miniardas fut détruite au Lème siècle par une expédition conduite par le paladin Negrod-Tür et l’archimage Wengoll.
Depuis l’invasion ratée de 4645, Borso est défendue par les rocs et les rocwens. Mais ceux-ci font la différence entre de simples pêcheurs essayant de déjouer la surveillance des elfes et des envahisseurs visant à s’établir sur l’île. Les premiers sont avertis par un magicien que le moment de décamper est venu, le seconds voient arriver un roc qui emporte leur navire pour aller l’émietter sur les rochers.
Toutefois, à partir de 5111, devant la recrudescence des pêcheurs, les Taurequenorë finissent par tolérer des incursions de navires humains pendant les dernières semaines de l’été. C’est alors que Borso gagne son surnom d’ile sanglante.
Les rivalités entre pêcheurs conduisent en effet à de nombreux combats entre eux, sur l’île ou dans ses proches eaux ; or comme Borso est quasi dépourvue d’arbres, il est très difficile d’y réparer un navire endommagé. D’autre part, la relative rareté de l’eau douce limite le nombre de personnes qui peuvent y faire escale. Plutôt que de bêtement détruire un navire et avec lui son équipage, ou pire encore d’empoisonner les étangs de l’île, les marins d’Hömston ont imposé la tradition du défi : un combat singulier opposant les capitaines des navires en compétition pour la campagne de pêche de la saison, le vainqueur conservant le droit de pêche et la tête du vaincu.
Pendant plusieurs décennies se succédèrent les flottilles de pêche accompagnées d’un navire conduit par un capitaine mercenaire chargé d’en découdre avec le précédent vainqueur pour s’emparer de la tolérance elfique permettant de pêcher annuellement pendant six semaines à Borso. Cette tradition amena une concentration de marins combattants à Hömston qui favorisa ensuite l’émergence de corsaires et pirates.
Toutefois, depuis une trentaine d’années, les choses se règlent directement à Hömston sous forme d’enchères du tribut qui sera alloué aux pirates, lesquels délèguent le droit de pêche au plus offrant. L’armateur ou capitaine qui refuserait ce système est assuré de rencontrer sur son chemin vers Borso la fine fleur des pirates d’Hömston.
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1 — Typical Lossquendi Wizard (level 11)
Spl.lvl 1 : Charm, Sleep, Mount, Magic Missile,
Spl.lvl 2 : ESP, Invisibility, Flaming Sphere, Monster Summoning II
Spl.lvl 3 : Dispel Magic, Fly, Fireball, Tongues*
Spl.lvl 4 : Charm Monster, Wall of Ice, Stoneskin,
Spl.lvl 5 : Teleport, Hold Monster, Cloudkill
* INT bonus spell
Other Spells : Wall of Fog, Monster Summoning I, Unseen Servant, Comprehend Languages, Burning Hands, Web, Lightning Bolt, Suggestion, Airy Water, Ice Storm, Domination sont aussi utilizes
Equipment : Wand Fire ou Lightning
Specialty : Evoc., Abjur., Enchant., Conj.
Ces wizards (selon le titre AD&D) aldaquendi sont au nombre d’au moins douze, sans doute plus. Ils sont moins 2 en Berents, 4 ou 5 sur Tol Faïn, 8 à 12 chez les Taurequenorë. Ce nombre important s’explique principalement par la longévité des elfes. Il est en revanche rare qu’ils dépassent le 11e niveau. ↑
Le premier de ces traités est les plus important ; il contient les dispositions suivantes.
1) Le roi de Wejlar reconnaît aux elfes qui habitent en forêt une autonomie qui les exempte de toute autorité sociale, politique, juridique, fiscale ou économique ; en contrepartie ces aldaquendi n’ont pas de politique étrangère et sont assujettis à un devoir d’ost uniquement seigneurial (et non royal ou étatique) qui ne peut être levé qu’une fois tous les trois ans et ne peut dépasser deux mois sauf invasion ou état de guerre ;
2) Le roi reconnaît l’existence de plusieurs royaumes d’elfes aldaquendi indépendants, au premier rang desquels figure Heffenorë ; il prévoit aussi la faculté pour tout ensemble d’elfes vivant en forêt la faculté d’être reconnu ou de s’ériger en royaume indépendant à condition d’être accepté d’abord par la reine de Danth et ensuite par le roi de Wejlar. Ces royaumes n’ont pas de politique étrangère.
Le deuxième traité fixe précisément les territoires des royaumes indépendants admis par le premier traité.
Ces traités exercent une influence historique très importante : ils servirent de prototype au statut des elfes aldaquendi auxquels il reconnaissent un particularisme et font référence dans le monde entier. ↑
3 — Glumrye : Initialement développé par les hobbits de Toddshire pour le fourrage, le seigle glumeux (glumrye) est une variante dépourvue d’acidité et de danger qui donne une bouillie insipide mais très nutritive. Il a pour particularité de résister au très grand froid et surtout pouvoir être semé discrètement, c’est-à-dire sans labourage à la fin de l’été avec une perte faible : cet avantage est décisif en zone de prédation. C’est pourquoi sa culture est très répandue dans le grand nord notamment chez les barbares humains.↑