Les termes exposés et expliqués ici sont couramment employés sur Derenworld et repris dans divers textes de ce site. Il est donc utile de préciser à quoi ils correspondent en fournissant leur signification usuelle, telle qu’elle prévaut dans la plupart des cas.
Les titres et offices ci-après sont communs à la quasi-totalité des civilisations humaines, bien qu’ils puissent évoluer dans leurs significations ou appellations selon les particularismes locaux ou nationaux. Les autres civilisations en reprennent la plupart, à l’exception des titres nobiliaires et de leurs règles.

Hiérarchie :
1 — Chancelier
2 — Gouverneur, Questeur
3 — Bailli, Hérault,
4 — Shérif, Veneur, Prévôt, Trésorier, Sénéchal
Nota : la plupart des emplois d’officier civil requièrent un rang II+ dans les skills appropriés (en particulier Appraisal-Trade, Knowledge ou Profession). A l’échelon étatique, ce rang est en général d’au moins IV.
Bailli
Officier civil toujours local représentant un seigneur dans un territoire, généralement pour l’administration, la trésorerie, parfois pour les impôts ou la justice. Il personnellement chef de ce territoire au nom de ce pouvoir et s’impose à tous autres officiers civils sauf un éventuel chancelier ou un questeur. Le bailliage est plus souvent à titre onéreux : le bailli paie une charge au seigneur l’ayant concédé.
Le bailli est le plus souvent rémunéré par le territoire dont il a charge et verse une redevance au seigneur (loyer du bail). A la différence des autres offices civils, le bailliage est toujours conclu pour un temps fixé à l’avance et généralement non révocable pendant sa durée. Il est parfois transmissible, par hérédité ou cession.
Chancelier, Vizir
Ministre ou officier de haut échelon, typiquement fief ou état, encadrant un ensemble de pairs ; il préside généralement leur conseil et est chargé d’un domaine fondamental, le plus souvent la police, l’ordre, la sécurité, la justice, parfois les affaires extérieures ou le trésor. Il coordonne les actions de ces pairs et des officiers civils subalternes ou locaux en étant investi d’un pouvoir hiérarchique sur eux. Ce titre désigne le plus souvent un chef d’un gouvernement.
Gouverneur, Pervane
Officier représentant d’un pouvoir central chargé d’un territoire qui est généralement d’importance relativement vaste. Il est l’équivalent d’un intendant exerçant toutes les compétences seigneuriales dans un territoire en étant investi d’une très grande autonomie décisionnelle, y compris légale et judiciaire.
Cette charge est usitée surtout en Empire Naëmbolt et en Vizan ou elle est appelée Pervane. Le titre est parfois employé pour désigner un chef local, notamment en Tangut, qu’il soit ou non dépendant d’un pouvoir hiérarchique.
Hérault
Représentant et/ou ambassadeur et/ou porte-parole d’un seigneur, souvent aussi secrétaire et archiviste de ses registres et papiers politiques et d’administration. Le hérault est l’homme de confiance de son mandant. Il peut avoir des fonctions de diplomate ou rester le simple messager qu’il était à l’origine. Ses compétences font qu’il est généralement chargé des enregistrements de titres nobiliaires et de l’héraldique qui les accompagne éventuellement.
Par métonymie, spécialiste en héraldique.
Intendant
Employé chargé d’administrer un domaine d’exercice limité en compétence et/ou en territoire à la place du seigneur. L’intendant reçoit les pouvoirs du seigneur au sein de ce domaine et demeure assujetti au cadre légal et judiciaire de l’état ou du fief.
Contrairement au bailli, le pouvoir d’un intendant n’est pas exercé personnellement mais au nom d’un employeur ; de même, à la différence du bailli, l’intendant ne peut se rémunérer à son gré sur le domaine dont il a charge.
Le terme est assez général ; un intendant peut par exemple être chargé de la voirie ou des constructions navales d’un ville ou d’un Etat, du domaine d’un seigneur, ou des forêts ou du château etc… L’emploi le plus fréquent consiste en la gestion des ressources et approvisionnements d’un territoire.
Prévôt
Officier toujours local chargé des recettes fiscales d’un territoire. En présence d’un prévôt de police (cf. shérif), le prévôt est appelé « prévôt des finances ».
Questeur
Officier émanant toujours d’un pouvoir central qui exerce des fonctions d’enquêteur chargé de déterminer l’état administratif, politique, social, juridique et économique d’un territoire ou d’un secteur, et de rapporter si nécessaire des propositions de solutions ou d’améliorations au pouvoir politique l’ayant nommé. « Un questeur identifie les problèmes et leur trouve des solutions » (adage impérial). Le questeur exerce des missions temporaires mais son titre est acquis à vie. Charge usitée surtout en Empire Naëmbolt.
Sénéchal
Ministre ou officier chargé des infrastructures d’un territoire, local ou national, parfois aussi de ses ressources et/ou investissements.
Shérif, Viguier
Officier toujours local chargé de la police et de la sécurité a priori interne d’un territoire. Le terme shérif, d’origine vizaner, est souvent remplacé par l’appellation de lieutenant ou capitaine de police ou de prévôt de police ou encore de constable.
Le viguier est un shérif qui rend également la justice à la place d’un tiers, généralement le seigneur.
Trésorier
Officier ou ministre chargé de la comptabilité et des finances d’un Etat, territoire ou domaine d’activité. Supervise les prévôts.
Veneur
Officier chargé des chasses sur un territoire et parfois également des forêts et/ou du ravitaillement.

Combattant, souvent chevalier, vassal ou au service d’un seigneur, avec ou sans propriété d’une terre, chargé de la sécurité externe d’un territoire (en quoi il se différencie du shérif) pour le compte du seigneur dont il porte la bannière. Le banneret peut aussi bien être un simple commandant local, par exemple milicien ou mercenaire ou soldat, sans range de noblesse.
Capitaine, Commandant
Chef d’un groupe armé ou chef d’un navire, à titre privé ou public, éventuellement capable d’agir indépendamment d’instructions ou d’une hiérarchie. Un commandant est un capitaine ayant ou ayant eu d’autres capitaines sous ses ordres ; le titre est surtout employé par les marins.
Champion
Représentant d’un seigneur pour combattre en son nom personnel ou à sa place, généralement dans un tournoi. Souvent aussi le premier garde du corps de ce seigneur.
Connétable
Titre suprême, conféré temporairement et le plus souvent exceptionnellement par un pouvoir central, chargeant de l’ensemble de la sécurité extérieure et intérieur d’un territoire national. Usité en Farxel, Lowenland, Wejlar, Tangut.
Général
Capitaine d’une armée ou de son équivalent.
Maréchal, Amiral (local ou national)
Commandant chargé de l’ensemble des forces militaires non navales d’un territoire. Le maréchal peut donc être local ou national. L’équivalent naval est un amiral.

Alderman, Echevin
Membre d’une assemblée locale exerçant un pouvoir politique. Est susceptible d’exercer une fonction judiciaire ou représentative déléguée par cette assemblée. Le représentant d’une guilde ou corporation ou municipalité ou territoire est appelé échevin. S’il siège à un parlement régional ou national il est appelé député.
Apprenti
Employé non rémunéré monétairement chez un maître qui lui doit toutefois gîte, couvert, blanchissage, et enseignement. Correspond à un skill de rang I ou II.
Freeman
Homme libre, non lié par un contrat de travail ou d’exploitation. Il s’agit généralement du propriétaire d’une terre ou d’une exploitation directe par opposition au fermier ou métayer. Le propriétaire demeurant dans un centre urbain est aussi appelé bourgeois.
A la différence du noble, le freeman n’exerce pas de prérogatives politiques sur sa propriété ; il dépend le plus souvent d’une communauté locale ou d’une ville ou d’un fief pour sa sécurité et pour bénéficier d’infrastructures et de lois ou coutumes ; en contrepartie, il est assujetti à des impôts ou corvées et doit observer les lois communes.
Guildmaster
Maître chef ou ancien chef d’une guilde ou corporation, généralement en milieu urbain. Les trois guides classiques sont celles des artisans, des commerçants, et des serviciens (qui ne vendent pas des biens mais des services). Les exploitants agricoles (freemen, métayers, fermiers) peuvent selon les coutumes locales faire partie d’une guilde ou bien d’une territorialité (fief ou municipalité).
Les corporations représentent les métiers spécifiques attachés aux guildes, mais peuvent également être appelées guildes selon la coutume locale.
Le titre de Guildmaster correspond à un skill de rang IV+.
Maire
Personne chargée de l’administration d’un centre urbain (village ou cité). Le maire peut être nommé (par un noble ou un officier ou un pouvoir central) ou élu, selon la coutume locale.
Maître
Professionnel exerçant un métier indépendamment (ou étant capable de l’exercer ainsi ou l’ayant exercé). Il est le plus souvent membre d’une guilde ou corporation ou d’un conseil local avec droit de vote. Est parfois appelé patron. Correspond à un skill de rang III+.
Ouvrier (Compagnon, Spécialiste)
Employé rémunéré par un maître chez qui il exerce habituellement. Ne peut posséder une clientèle. Est affilié à une guilde ou corporation, avec ou sans droit de vote selon les règles locales.
L’ouvrier compagnon n’a pas de maître fixe et vaque d’un endroit à un autre selon des contrats à temps. Le compagnon spécialiste peut faire office de maître (il est alors appelé contremaître) notamment en cas de remplacements ou dans des succursales. Correspond à un skill de rang II ou III.
Sage (Sachant, Sapiteur, Expert…)
Spécialiste de référence dans le conseil, la recherche, l’enseignement dans un domaine particulier. Est soit un Guildmaster ayant poursuivi des recherches, soit un spécialiste ayant particulièrement étudié ce domaine. Correspond (théoriquement) à un skill de rang V+.

Appelez vous régner partager ma couronne,
et céder lâchement ce que mon droit me donne ?
Racine, la Thébaïde, I.2
Les règles et significations indiquées ici sont parmi les plus variables selon les contrées. La référence principale sont les coutumes et lois de Wejlar, complétées de celles d’Empire et de Vizan.
L’intitulé du titre n’implique pas de hiérarchie signifiante (par exemple : les ducs ne sont pas supérieurs aux barons ni les sultans aux beys) : ce qui compte essentiellement est la distinction entre souverain, suzerain et vassal. Certains titres ont cependant une implication.
Les archiducs, grand-ducs, princes et vice-rois indiquent que la seigneurie est ou fut souveraine. Si elle ne l’est pas ou plus, ces titres sont en pratique des ducs.
A également titre de prince le descendant héritier d’un roi, et de princesse la première fille d’un roi, qu’elle soit ou non héritière ; on parle alors de prince du sang ou prince-héritier, pour le différencier du prince titré.
Le titre de vice-roi réfère à un roi ayant prêté allégeance diplomatique et militaire à un souverain en conservant pour le reste les prérogatives royales, soit l’équivalent d’un pouvoir central. Ce titre n’est pas employé si le monarque concerné règne sur un peuple non-humain (par exemple : Krynnlan ou Ariandor)
Le duc est un comte ou baron suzerain et pratiquement toujours de premier rang (vassal ou lige direct du souverain ou allié par traité), ayant été érigé au duché par son souverain.
L’érection au duché permet de disposer des titres de comte et/ou vicomte et/ou baron qui sont alloués temporairement aux descendants du duc. Le changement de titulaire du duché entraîne alors la perte des titres temporaires.
En général, les descendants d’un baron, comte ou duc sont de droit chevaliers à brevet non transmissible.
Historiquement, dans l’ancien Grand Wejlar, le terme baron ou earl (jarl) ou encore landgrave référait à un noble d’une famille ayant fondé son fief par elle-même, le comte ou le margrave étant à l’inverse nommé par le roi. Ainsi, pour caricaturer, un baron est à l’origine un freeman, un comte le serviteur d’un pouvoir central.
Le titre de vicomte, assez rare, a pour origine le remplacement d’un comte dans un fief démembré de son domaine, en récompense ou par descendance ou parce que le domaine originel est devenu trop vaste.
Margrave signifie que la seigneurie porte sur une province frontalière. Marquis signifie la même chose mais est très rarement employé.
Le bey est normalement le seigneur d’une ville et de ses territoires alentours et non un seigneur « rural ». Les titres de sultan, rajah, shah ou khan référaient originellement à des seigneuries indépendantes prêtant leur allégeance à un pouvoir central. Les titres de cheikh et mahalek sont des chefs locaux, militaires pour les premiers, civils pour les seconds. Ils sont relativement similaires aux barons tels que décrits ci-dessus mais un cheikh peut aussi être un bourgmestre et un mahalek est souvent un maître de guilde. Ces titres incluent une fonction nobiliaire en comportant des prérogatives politiques qui peuvent être détachées de la propriété foncière, fonction qui est reconnue par la coutume locale ou nationale.
Voici à titre indicatif l’ordre protocolaire de l’Héraulté de Wejlar, qui fait référence.
Noble
Noble seigneur
L’appellation noble, sans autre précision, réfère a priori au noble foncier, c’est à dire au noble seigneur.
C’est une personne détenant l’ensemble des prérogatives politiques, appelé seigneurie, sur un territoire appelé fief. Le noble est normalement un propriétaire foncier dans ce fief ; cette propriété est appelée domaine et se compose en général d’au moins un immeuble : castel, place forte, manoir, grande maison, doté d’un territoire comprenant le plus souvent des bois.
Les termes de seigneurie et de fief sont souvent confondus par métonymie ; concrètement, le fief est un territoire composé de la propriété foncière du noble et des celles des autres propriétaires sur lequel s’exerce une seigneurie. Le seigneur du fief, son conjoint et sa descendance directe peut prétendre à la particule nominative.
Le noble seigneur exerce sur le fief un devoir de protection civile et militaire, de justice et de législation, d’administration et d’archivage, de représentation et de défense, en contrepartie duquel il perçoit des taxes en nature ou monétaires.
La noblesse est transmissible par hérédité ou cession, y compris involontaire (par ex.: décès sans postérité ou guerre).
Est également noble une personne ayant perdu sa propriété foncière sur le fief considéré dont elle conserve le titre. A cet effet, le noble doit avoir passé une convention agréée par son suzerain ou souverain mentionnant qu’il conserve ses droits et devoirs, c’est à dire la seigneurie. Cette convention est dérogatoire car c’est originellement la propriété foncière qui seule confère la seigneurie.
Le plus souvent un noble ayant perdu sa propriété foncière perd la seigneurie. Toutefois, il est généralement possible de conserver le titre « à brevet » (cf. infra) si la perte de la seigneurie n’est pas la conséquence d’une guerre ou d’une sanction décidée par le suzerain. Les nobles à brevet anciennement seigneurs doivent alors changer de nom et abandonner la particule, sauf accord avec leur successeur. De tels accords ne sont pas rares et s’imposent alors au suzerain qui ne peut les modifier.
Un titre de noblesse foncière est toujours cessible à un héritier ou ascendant direct (ou à défaut au seul plus proche ascendant ou descendant). Cette cession peut être prévue comme révocable du vivant d’au moins un des deux intéressés. Si cette cession concerne une seigneurie vassale, elle s’impose au suzerain qui doit l’enregistrer sous la seule réserve que les cédants et cessionnaires soient majeurs (en général : âgés d’au moins treize ans).
Noble à brevet
Cette appellation recouvre à la fois les robins, nobles récompensés par un titre et non par un fief, et les nobles fonciers ayant perdu leur seigneurie.
Le terme brevet signifie que le titre nobiliaire est dû à un document et non à une réalité foncière. Les nobles à brevet conservent certaines prérogatives, la plus importante consistant en une indépendance face aux pouvoirs locaux pour ne relever que de leur propre suzerain ou du souverain.
Un brevet doit être enregistré par un suzerain ou souverain, qui peut le refuser. Le brevet spécifie s’il est transmissible (héréditaire) ou cessible; à défaut de mention, il n’est ni l’un ni l’autre.
Incidences du brevet sur le nom
Monsieur Abel, seigneur Comte de Tartempion, cède le fief de Tartempion à Monsieur Bernard Machin. Monsieur Bernard Machin devient alors Bernard Comte de Tartempion et Monsieur Abel doit désormais s’appeler par exemple Comte Abel Old-Tartempion si son suzerain l’y autorise en lui donnant brevet à cet effet après avoir accepté la cession ; sinon, il devient le sieur Abel Old-Tartempion. Mais l’accord de cession entre Abel et Bernard peut par exemple prévoir que Monsieur Abel continue de s’appeler Comte Tartempion (sans « de’) et que Monsieur Bernard Machin s’appelle désormais Comte de Machin-Tartempion. Dans ce cas le suzerain peut seulement accepter ou non d’enregistrer la cession, qui vaut brevet.
D’autre part si Monsieur Bernard Machin est nommé Comte en récompense de services rendus, c’est à dire noble à brevet, alors il s’appellera Bernard Comte Machin.
Toutefois, il est souvent arrivé que des nobles à brevet deviennent ou redeviennent titulaires de fiefs et se retrouvent ainsi nobles fonciers. En pareil cas, la coutume veut qu’ils conservent leur nom sans particule et parfois l’imposent à leur nouveau fief si ce dernier est moins ancien que leur nom. Supposons par exemple que le noble à brevet héréditaire Philibert Comte Arveïn ait obtenu en l’an 5000 la terre de Newland érigée en seigneurie comtale. La famille Arveïn remonte à l’an 4700, le fief de Newland à 4900. Philibert va continuer de s’appeler comte Arveïn et Newland devient Newland of Arveïn (ou Newland-Arveïn).
Souverain (roi, empereur…)
Noble n’ayant aucun suzerain. Concrètement : personne ou organe ne (re)connaissant autorité supérieure à la sienne sur un territoire où il détient les prérogatives politiques de gouvernement, d’administration, de justice, de défense et fiscales.
Le titre usuel d’un souverain est roi. Toutefois, il existe de nombreux autres titres équivalents : sultan, empereur, grand-duc, ou appellations : overlord, roi des rois etc…
Le titre d’empereur signifie un territoire si exceptionnellement vaste qu’il inclut un ou des royaumes. Les titres de prince, grand-duc, duc, margrave, comte etc… souverain réfèrent à des fiefs qui furent vassaux.
L’énoncé du titre d’un souverain n’implique aucune hiérarchie diplomatique : seule compte la souveraineté. Par exemple, aux temps du Farxel divisé, le Grand Maître de l’Ordre des Ritters, souverain du Farxel Ritterland, n’était pas protocolairement ou diplomatiquement inférieur à l’empereur de Tangut ou au roi de Thûzzland.
Suzerain et premier rang
Est suzerain tout noble ayant au moins un noble vassal.
Un noble de premier rang a pour suzerain ou supérieur hiérarchique le souverain, c’est-à-dire le pouvoir politique suprême d’un Etat, lequel n’est pas forcément monarchique (par exemple en Avros).
Vassal et Lige
Noble dépendant d’un suzerain avant que d’un pouvoir politique central. Cette dépendance se manifeste principalement par un devoir réciproque de protection et alliance. Le vassal se soumet aux règles et coutumes du suzerain même si les siennes ou celles de sa seigneurie seraient contraires. Cette soumission connaît généralement trois exceptions : en matière fiscale, si les règles du suzerain sont dirigées contre le vassal, ou si la différence entre les règles n’entraîne pas de conséquences importantes et constantes.
Il revient en général au souverain d’arbitrer les éventuels conflits entre vassaux et suzerains sauf si le vassal est lige.
Lige
L’hommage lige est un serment particulier prêté par un vassal à titre personnel. Il doit donc être renouvelé par chaque nouvel héritier ou cessionnaire du fief vassal.
Il entraîne la renonciation à toute autre justice que celle du suzerain ainsi que l’acceptation par principe de toutes ses demandes ordinaires, c’est-à-dire non contraires aux lois ou coutumes de l’Etat ou du fief du suzerain.
En contrepartie, le suzerain doit non seulement protéger mais encore aider son lige en cas de difficulté quelle qu’elle soit. Les formes les plus courantes de cette aide sont l’éducation d’un des enfants du vassal, des exemptions fiscales, la mise à disposition de forces armées, le secours alimentaire.
Un noble ne peut prêter qu’un seul hommage lige sauf s’il est délié du précédent par le seul suzerain ou par un pouvoir divin. Ainsi, un noble ayant plusieurs fiefs qui serait vassal de plusieurs suzerains ne peut être le lige que d’un seul.
Etant personnel l’hommage lige n’engage pas les vassaux du noble qui le prête sauf ses chevaliers.
Chevalier
Il existe trois types de chevaliers : bannerets, seigneurs, ordinaux. Sauf exceptions, un chevalier est toujours vassal. C’est le titre nobiliaire le plus répandu.
Chevalier Banneret
C’est un homme d’armes équipé à ses frais pour combattre, disposant d’un cheval et de son équipement complet, accompagné d’au moins un serviteur (généralement deux dont l’un est également combattant) et souvent en outre d’un page ou d’un écuyer.
Le banneret est appelé ainsi parce qu’il tient (et dépend de) la bannière de son seigneur.
Beaucoup de bannerets ne possèdent pas de terres à titre personnel et vivent chez leur seigneur ou dans son domaine. Si le banneret possède des terres, celles-ci ne constituent pas un fief donnant titre de chevalier dont le seigneur serait suzerain.
Le banneret est toujours lige de son seigneur en contrepartie de quoi il est toujours présumé investi de l’autorité de celui-ci.
Lorsque le banneret est assigné à une partie du territoire du fief, il y exerce le rôle d’un intendant local chargé de la protection militaire, parfois cumulé avec celui de shérif voire de viguier.
Si le titre n’a pas été accordé à brevet, il est alors transmissible de plein droit selon les lois locales mais le bénéficiaire de la transmission peut la refuser.
Le chevalier seigneur
C’est un titre de noblesse foncière, de même que baron ou vicomte. Il provient en général d’un chevalier banneret ayant conquis une terre, plus rarement l’ayant acquise ; cette terre lui est accordée par son suzerain et était ou va être pour lui érigée en fief. Le chevalier seigneur reste a priori un vassal. Le titre est souvent accordé sous la condition d’être lige du suzerain. Il est transmissible par les voies ordinaires.
Le chevalier ordinal
Membre d’un ordre militaire, indépendant ou non, à vocation particulière : nationale, territoriale, éthique…. La plupart de ces ordres sont apparus pour suppléer aux insuffisances des pouvoirs centraux à mobiliser des troupes de façon permanente.
A l’origine ils étaient composés uniquement de chevaliers qui, au lieu de la bannière d’un seigneur, avaient pris celle de l’ordre en question. Le terme s’est ensuite étendu à l’ensemble du personnel d’un tel ordre qu’il estime dignes de recevoir ce titre, qu’il dispose ou non d’un cheval et/ou de serviteurs. L’ordre tient lieu de suzerain au chevalier ordinal qui lui est toujours lige. Un ordre de chevalerie est soit indépendant soit sous l’autorité directe d’un souverain. Le titre n’est jamais transmissible ni cessible ; il est parfois accordé pour un temps limité.
Création, transmission, cessation du titre nobiliaire
En théorie, tout le monde peut devenir noble. D’abord par droit de conquête ou d’établissement. Il suffit de conquérir un territoire suffisamment vaste et/ou peuplé ou d’en occuper un inoccupé et de demander à un noble ou un souverain d’être son vassal.
Toutefois, devenir noble impose de bien y réfléchir car ce n’est pas toujours si séduisant qu’on pourrait l’imaginer. La noblesse impose des devoirs dont les premiers sont la protection due au territoire et le service, y compris fiscal, du suzerain. Il faut donc rendre des comptes à une population et à une hiérarchie. Etre freeman est souvent bien plus simple et pratique, voire avantageux.
On peut aussi devenir robin : noble à brevet, nommé en général par récompense. Ce qui suppose d’avoir fourni le motif de la récompense et d’escompter la bonne volonté de son futur suzerain. D’autre part tous les nouveaux brevets de robin sont délivrés par le souverain ; cela signifie qu’avant de l’enregistrer, le suzerain du robin doit obtenir l’approbation du souverain.
On peut encore devenir chevalier banneret. Mais il y faut le matériel, le cheval et les serviteurs ; et c’est alors sa peau qu’on met en gage.
On peut enfin être l’heureux bénéficiaire d’un alleu. Après tout, il doit bien en avoir une demi-douzaine par an dans le monde entier. En majorité pour des affaires de famille.
Pour ces raisons, la création ex-nihilo de nouveaux titres nobiliaires demeure en pratique une rareté.
Transmission par cession ou descendance
Un titre peut toujours être cédé, gratuitement ou à titre onéreux, avec l’accord du suzerain et parfois celui du souverain. Le contrat de cession n’est théoriquement valide qu’à condition d’avoir été enregistré à l’héraulté du pays dont dépend le titre mais cette obligation n’est pas toujours respectée.
En général, les enfants d’un noble autre que chevalier : baron, vicomte, duc… sont de droit chevaliers à brevet non transmissible, y compris l’héritier désigné.
Un tel descendant peut également devenir chevalier en titre à condition de se voir allouer une terre (appelée alleu) démembrée du domaine familial ; il doit alors prendre le nom de cette terre ou l’accoler au sien.
Si l’ascendant est un duc, le titre peut être baron, vicomte ou comte à la place de chevalier ; certains pays (notamment : Empire Naëmbolt, Vizan, Lowenland) exigent cependant l’accord du souverain. Ces allouages sont devenus en pratique très rares afin de préserver l’intégrité des domaines nobiliaires et sont généralement donnés en récompense à des branches particulièrement remarquables ou méritantes (par exemple Karnosz-Eaglehunt en Empire ou Swanmere en Wejlar).
L’épouse d’un titulaire a droit à la même appellation que son conjoint. Lorsque l’époux décède, elle ajoute la mention « douairière » à son titre.
L’époux d’une titulaire doit ajouter la mention « consort » du vivant de son épouse. Si celle-ci décède avant lui, il devient l’ex-titré consort, titre de droit à brevet non transmissible, qu’il peut toutefois refuser.
Dans certains pays, l’époux d’une souveraine ne peut prendre le même titre qu’elle et doit prendre un titre immédiatement inférieur, généralement prince.
Le conjoint survivant ne reçoit le titre du défunt qu’en cas de déshérence au 2e degré (pas d’enfant, père ou mère, petit-enfant, grand-parent, frère ou sœur vivant). Dans un tel cas, il prend de plein droit l’intégralité du titre tel que le détenait par le défunt.
Exemples :
Albert Duc de Tartempion épouse Bernarde X : Bernade devient duchesse de Tartempion. A la mort d’Albert, elle devient douairière de Tartempion.
Caramelle duchesse de Tartempion épouse Donation Y. Donation devient duc consort de Tartempion. Au décès de Caramelle, il devient ex-duc consort de Tartempion.
L’Impératrice Dandria épouse le comte John-Daniel Arveïn. John-Danien devient prince-consort d’Empire et non empereur. Au décès de Dandria, il peut choisir de prendre le titre d’ex-prince-consort ou reprendre celui de comte Arveïn. Si Dandria meurt avoir eu d’enfant et sans ascendant direct ou frère ou soeur survivant, alors John-Daniel devient empereur.
Location ou prêt du titre, multiplicité de fiefs ou de titulaires
Le noble, qu’il soit foncier ou à brevet, ne peut ni louer ni prêter son titre ; il peut seulement le céder ou déléguer ses pouvoirs à des officiers.
Un fief ne peut avoir qu’un seul titulaire. En cas de conflit de revendications, la justice du souverain ou du suzerain le cas échéant est obligatoire et s’impose.
De coutume, le noble titulaire de plusieurs fiefs ne prend le nom que d’un seul d’entre eux. En pareil cas, il est fréquent qu’il cède temporairement l’un de ses fiefs à l’un de ses enfants par une cession révocable à sa mort.
Confiscation du titre : Infamie, Déshérence, Trahison
Le motif de la confiscation est constaté par le suzerain qui en frappe alors le titulaire ou le fief. Beaucoup de coutumes nationales (Wejlar, Empire Naëmbolt, Avros, Lowenland, Evriand…) soumettent cette confiscation à l’avis conforme d’un conseil de nobles, appelé pairs, en nombre d’au moins cinq, dont le souverain qui préside le procès.
La confiscation transfère toujours le fief au souverain, même en cas de fief vassal d’un suzerain. Le souverain ne peut céder le fief du vivant de la personne à qui il a été confisqué sauf à l’un des descendants directs de celle-ci. La confiscation peut être à titre définitif ou temporaire.
La confiscation du brevet obéit aux mêmes règles que celles du fief avec cette différence que le brevet confisqué à titre temporaire n’est pas transféré mais suspendu en l’attente d’être redonné au titulaire ou son héritier ; confisqué à titre définitif, il est annulé.
Il existe trois principaux cas de confiscation.