Quelques brèves précisions ou rappels au sujet des naïgakis (et du Gaïko) compte tenu de la constance et de l’importance des références qui les concernent.

Les naïgakis sont l’un des rares peuples humains à avoir été efficacement protégés par les dragons métalliques au cours du Dragonlore. Ils bénéficièrent également d’un abri par les nains thûzz et naugs. auxquels ils vouent encore aujourd’hui une reconnaissance viscérale et éternelle. Au plan religieux, les naïgakis occidentaux optèrent dès l’antiquité pour le Trithéisme, qui se répandit par la suite dans tout le Gaïko.
L’harmonie recherchée par les naïgakis se manifeste par deux aspects artistiques particuliers : le vêtement emblématique et la musique.
A côté du vêtement usuel qui doit être simple et pratique, une famille doit également porter un vêtement emblématique, véritable oeuvre d’art, généralement robe ou manteau, dont la splendeur illustre la perfection de l’harmonie atteinte par celui qui le porte. Il n’y a pas de code particulier qu’il s’agisse des matériaux comme des figures ; la seule exigence est la beauté du résultat. Ce vêtement définit la famille qui le porte et peut prendre plusieurs décennies à être élaboré. Il est transmis de génération en génération et sert de modèle à ceux qui seront confectionnés pour les descendants.
La musique naïgakie est particulière en ce qu’elle comprend une branche qui ne recherche pas à manifester une harmonie, comme le fait un air de musique, mais à la susciter. Pour le naïgaki, à côté des musiques dites « frivoles », où les percussions et les mélodies servent à danser ou à distraire, il existe une musique « de fond » qui sert non seulement à la méditation ou la prière mais aussi à tendre vers la perfection de tous les gestes ou en toute situation. Cette musique est composée d’une note, tenue le plus longtemps possible, suivie d’une autre ou de la même selon le cas.
Les naïgakis formèrent l’un des premiers états humains, probablement dès le XVIIe siècle : le Gaïko (dit aujourd’hui « grand Gaïko » ou « ancien Gaïko » pour le différencier de l’actuelle province impériale). Ce pays avait la forme d’une féodalité décentralisée sans pouvoir central. A son apogée il comprenait en sus de l’espace originel des naïgakis plusieurs territoires de l’actuel Vizan et une bonne partie de l’actuel Farxel. On lui doit de nombreuses inventions ou améliorations technologiques, par exemple : le papier, la riziculture, l’algoculture, la pisciculture maritime, le psionicisme, les monks, la récolte de résine et la protection du bois par laquage, la jonque et le lattage des voiles, le thé.
L’emploi privilégié du bois recouvert d’une laque à la fois protectrice et peinture est un élément caractéristique de l’architecture naïgakie. A l’inverse, les constructions en pierre ou maçonnerie sont souvent austères et peu ornementées.
Excellents navigateurs, concepteurs de la jonque, ils furent l’un des rares peuples humains capables de rivaliser sur mer avec les elfes falinorë. Ces voyages maritimes conduisirent certains clans ou familles à migrer en Tangut ou en Vizan non pour former des colonies mais pour créer des implantations sur des terres nouvelles ou pour s’intégrer dans d’autres sociétés afin d’y exercer leur influence philosophique. A l’inverse, les migrations naïgakies par voie terrestre demeurèrent rares et généralement individuelles.
L’ethnie fut décimée par la Peste dite naïgakie car elle les touchait principalement et bien plus que toute autre peuplade. En 4409 et 4410 cette maladie éradiqua plus des deux tiers de l’ethnie, principalement dans ses parties occidentales et méridionales. Elle eut aussi pour conséquence de décrédibiliser terriblement leur philosophie qui prône comme moyen et comme objectif cardinal la santé du corps. Elle porta également un coup très dur au Trithéisme puisque les peuples de la Théologie Classique semblaient épargnés par cette calamité.
Incapable de se défendre, le Gaïko fut conquis par le Vizan. Après plusieurs révoltes, ses terres originelles devinrent en 4475 partie de l’Empire Naëmbolt, leur fraction occidentale constituant l’actuel Gaïko. Les autres territoires du pays furent partagées entre Vizan et Farxel.
Que ce soit par effet psychologique ou biologique, la fécondité des naïgakis ne s’est jamais remise de la Peste. Ils sont depuis lors une ethnie numériquement très minoritaire mais qui, s’agissant de ceux qui demeurent en Gaïko impérial, conserve précieusement et consciencieusement son identité culturelle.
Hormis dans la grande ville d’Orfajaz, les naïgakis de Gaïko ne se marient qu’entre eux ou, à l’extrême rigueur, qu’avec un étranger ayant adopté leurs mœurs et parlant couramment leur langue. Ils croient ainsi de préserver certaines valeurs cardinales et multimillénaires comme l’éducation des enfants, le respect et la solidarité intergénérationnelle, l’harmonie individuelle et collective avec le milieu, avec le métier ou avec les fonctions sociales ou familiales, qui ne peuvent, selon eux, pleinement se transmettre qu’entre gens partageant l’éducation et la langue naïgakie.
Toutefois, au plan individuel, nombre de naïgakis choisissent de partir explorer et parfois vivre ailleurs ou autrement sans que cela soulève la moindre difficulté sauf si un tel départ met en péril la structure économique ou familiale (typiquement par exemple : si le départ d’un enfant entraîne que personne ne pourra reprendre l’exploitation agricole ou le bateau de pêche des parents). Sinon, il s’agit du destin et de la voie que chacun doit pouvoir demeurer libre de choisir pour soi-même et sa propre harmonie.