Petite adjonction pour les joueurs, destinée à située le contexte de l’aventure en cours.

Située dans la branche méridionale du delta de la Leander, Styes devient le grand port du sud du Viridistan par la volonté de l’empereur Zando II : elle doit servir de débouché à l’exportation de café et coton planté dans la partie occidentale de la plaine d’Eba Aba et aussi de denrées provenant de la jungle de Cabral (au nord, non nommée sur la carte) vers l’ouest du continent.
La Leander traverse au nord de la ville la grande forêt-jungle de Cabral dont la partie orientale est exploitée avec la ville de Taz’m pour centre. De nombreuses essences rares d’herbes, épices, teintures y sont cultivées ainsi que des arbres exotiques : teck et caoutchouc, très utilisés pour la construction navale. Des espèces spécifiques, le pistak et le storn, produisent naturellement une résine très dense et résistante qui peut aussi, après combustion lente, fournir la base de goudrons d’excellente qualité. Comme son nom l’indique, le pistak produit également des noix ayant la saveur de pistaches. La partie de la jungle à l’ouest du fleuve est nettement plus sauvage et dangereuse.
De là date la tradition d’alchimistes d’abord pour le calfatage des navires ensuite pour des productions purement alchimiques, y compris verrerie exploitant du silice extrait des collines au sud de Styes. La ville atteint son apogée aux XLVI-XLVIIe siècles, époque à laquelle sont construits de magnifiques bâtiments.
De tradition libérale comme bien des ports, la ville a toujours entretenu une relation un peu distante en fait comme en administration avec les monarques de Viris d’autant qu’elle ne constitue pas une province dotée d’un un seigneur nommé par le pouvoir central. Elle fut prise momentanément par le Farxel puis très temporairement Avros lors de la fin de la Great Evil Coalition. Axée sur le commerce, elle se déclara souvent hostile à la politique de Viris et supporta ainsi Wohrom et plus tard Stephen.
Après la mort de Stephen, la répression du pouvoir central s’abat sur Styes. L’empereur Hautulin fait raser les défenses de la ville et la dépeuple de ses non-humains, notamment orcs et gobelins mais aussi quelques yuan-tis et rakshasas afin de lui ôter toute capacité à l’indépendance. Il la place sous tutelle de sa marine de guerre. Cependant, afin de respecter le passé de la ville et d’éviter un soulèvement, elle conserve certaines libertés publiques administratives ou juridictionnelles ; par exemple, l’esclavage demeure interdit, la propriété personnelle est protégée, et les tribunaux civils sont indépendants.
Styes devient une garnison de l’escadre occidentale du Viridistan qui la gère extrêmement mal. Une ploutocratie règne entre les marchands et l’amiral qui accaparent l’essentiel du commerce. La municipalité n’a plus de fonds et n’entretient plus la ville. Le port commence à s’ensabler par les alluvions dès 5130. L’escadre de Viridistan la quitte vingt ans plus tard et la ville récupère alors son autonomie. Mais la corruption est telle qu’elle ne se relèvera pas.
Aujourd’hui le trafic commercial n’est plus que le cinquième de ce qu’il était aux temps de sa splendeur. Il profite à quelques édiles dont principalement les quatre Conseillers qui se partagent le pouvoir. La ville est construite sur un mélange de roche et de terre alluvionnaire. Elle est toutefois envahie par une vase légèrement acide qui n’étant plus drainée vers l’océan, à l’usure, ronge et éboule les parties construites en terre, remblai ou sur pilotis. Les chantiers navals demeurent toutefois réputés compte tenu de la qualité des produits d’entretien (étoupe, goudron, vernis, verrerie) produits par ses artisans et le commerce demeure dans le quartier des marchands qui conserve le dernier chenal permettant l’accès à la mer et au fleuve. La pêche devient une importante activité de la ville. Celle-ci qui a eu jusqu’à plus de 20000 habitants en compte désormais à peine la moitié.